le 12 Novembre 2018

OTTAWA – Des groupes de la société civile exigent que soient apportées des améliorations en matière de responsabilisation et de transparence des pratiques d’Exportation et Développement Canada, au moment où le gouvernement procède à un examen de la législation régissant l’agence.

Une manifestation contre le barrage d'Ituango, construit par un client d'EDC. Le barrage est passé près de se rompre ce printemps, forçant l'évacuation de 25 000 personnes. Photo : Agencia Prensa Rural.

Une manifestation contre le barrage d’Ituango, construit par un client d’EDC. Le barrage est passé près de se rompre ce printemps, forçant l’évacuation de 25 000 personnes. Photo : Agencia Prensa Rural.

Plusieurs clients d’EDC font face à des allégations d’actes répréhensibles, comme en fait état un mémoire déposé auprès du gouvernement fédéral qui a été rendu public aujourd’hui par Above Ground. L’Afrique du Sud menaçait récemment, par exemple, de suspendre les paiements versés à Bombardier, client fréquent d’EDC, à la suite d’une enquête sur la corruption.

Above Ground recommande que soient apportées des réformes juridiques qui ont été entérinées par 16 organisations de partout au Canada, afin d’assurer une surveillance plus stricte de la manière dont EDC gère les risques liés à l’environnement, aux droits de la personne et à la corruption.

« EDC doit être soumise à des contrôles législatifs stricts » a déclaré Karyn Keenan, directrice d’Above Ground. « Sinon, le gouvernement canadien, unique actionnaire d’EDC, risque de tirer profit d’activités commerciales nocives et illégales auxquelles pourraient s’adonner les clients d’EDC ».

Les réformes recommandées par Above Ground consistent notamment à interdire à EDC de soutenir les entreprises commettant des actes répréhensibles, de les soumettre à un contrôle judiciaire et d’élargir le mandat du vérificateur général concernant EDC.

« Les obligations du Canada en matière de droits de la personne devraient être reflétées dans ses lois » a déclaré Alex Neve, secrétaire général d’Amnistie internationale Canada. « Au cours des derniers mois, le Groupe de travail de l’ONU sur les entreprises et les droits de l’homme ainsi que le Comité sénatorial des droits de la personne ont clairement indiqué au gouvernement que EDC doit se conformer à ces obligations ».

Tous les dix ans, le gouvernement doit revoir la Loi sur le développement des exportations ainsi que le mandat et les activités d’EDC, qui octroie chaque année plus de 100 milliards de dollars en prêts et autres formes de soutien aux entreprises canadiennes et étrangères.

« Les deniers publics alloués à EDC devraient rendre notre économie plus juste et plus équitable », a déclaré Ian Thomson, spécialiste des politiques chez Oxfam Canada. « Il faut apporter des réformes pour veiller à ce que chaque transaction d’EDC contribue au traitement équitable et à la participation égale des femmes et des hommes à l’économie mondiale ».

« Cet examen sera le premier de la sorte à revoir les responsabilités sociales, environnementales et en matière de droits de la personne d’EDC », a déclaré Ken Neumann, directeur national des Métallurgistes unis. « Pour que cet examen soit utile, les parlementaires devront examiner de près la feuille de route d’EDC ».

Amnistie internationale Canada, l’Association québécoise des organismes de coopération internationale, la Fédération des enseignantes et des enseignants de la Colombie-Britannique, le Réseau canadien sur la reddition de comptes des entreprises, le Comité pour les droits humains en Amérique latine, les Ami(e)s de la Terre Canada, Inter Pares, le Réseau de solidarité Maquila, le Mining Injustice Solidarity Network, Mines Alerte Canada, Oxfam Canada, le Projet accompagnement Québec-Guatemala, Publiez Ce Que Vous Payez Canada, Social Justice Connection, l’Église Unie du Canada et les Métallurgistes unis souscrivent aux recommandations d’Above Ground.

Contact média : Lori Waller, agente de communication, (613) 805-5244, lwaller@aboveground.ngo

Above Ground s’efforce de veiller à ce que veille à ce que les entreprises basées au Canada ou soutenues par le gouvernement canadien respectent les droits de la personne partout où elles exercent leurs activités. C’est un projet de Tides Canada, un organisme de bienfaisance national engagé envers un environnement sain, l’équité sociale et la prospérité économique.

Accéder au mémoire (en anglais) :

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